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Tu crois pouvoir me dire ce que je suis au fond ? Tu crois pouvoir savoir d’où je viens ? Où je vais ? Ta langue est pleine d’outrages à l’égard de mon être, et mon incertitude me défend de t’entendre.
Je reste, là, quoiqu’il arrive, comme une moule sur un banc. Mais comme tu le fais de moi, tu le fais de tout autres. Pour toi une moule c’est bête, ça ne pense pas sa vie. C’est comme un arbre, ben tiens ! Ca reste là avachi...
J’attends. Et dans l’oubli, je compte les étoiles. j’écoute le vent qui passe et me parle d’un ailleurs. J’attends, fermant les yeux, que le tourbillon cesse. Que passe enfin les heures où je cours sans arrêt, sans but et sans richesse.
Je suis là, en tailleur, dans mon costume de laine et on est en été, et tu penses à tes heures. Je suis dans le néant, déjà happée de vide. Encore un peu présente, mais déjà bien partie. J’attends sur le trottoir où tu passes en vitesse. C’est ici ma maison, mon chez-moi sans limites. J’ai un 50 000 m², sans porte et sans fenêtres, et je t’attends ici, accroupie et sans vie.